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26/05/2020

Interview : Antoine, un diplômé de Kedge installé à Manille aux Philippines

Les étudiants du pro-act "Kedge Alumni Travel" d'Asie ont organisé une interview à distance, afin de rencontrer un de nos diplômés expatriés aux Philippines.

  • PROMOTION : 2012
  • POSTE : General Manager
  • ENTREPRISE : ZI-ARGUS
  • DURÉE D'EXPATRIATION : 4 ans

 


INTERVIEW 💬

1️⃣ Présentez-vous en quelques mots… 

Je m’appelle Antoine Thomachot, j’ai 31 ans et cela fait bientôt 4 ans que je suis aux Philippines. Avant cela, j’ai vécu et grandi à Cannes et j’ai commencé à travailler sur Lyon en 2011.

2️⃣ Parlez-nous de votre formation à Kedge. Pourquoi avoir choisi le MSc Ingénieur d’affaires, Business Development ?

J’ai un cursus un peu particulier : j’ai un BAC en électrotechnique suivi d’un BTS en maintenance industrielle. Étant quelqu’un avec un bagage technique, technologique, j’ai commencé par-là, puis je cherchais à m’orienter dans le commerce. Nous avons eu une présentation des étudiants de l’école de Toulon, à l’époque Euromed Management, et c’est à ce moment que j’ai réalisé que cela pouvait être un super tremplin pour moi et une occasion de partir sur une école de commerce, cursus que je n’avais pas envisagé au départ. J’ai donc intégré le MSc Ingénieur d’affaires qui est une vraie valeur ajoutée sur le marché dans le domaine technique, notamment auprès des industriels que cela soit du CAC40 ou même des PME.

Des diplômes comme ce dernier sont très recherchés, sachant que l’école proposait en plus un mois à l’étranger dans un pays anglophone lors de la première année pour améliorer notre niveau. Tout cela pour dire que cela a été une très bonne école et que cela a été un de mes meilleurs investissement du côté personnel. Cela permet vraiment de se différencier par rapport à ceux qui ont arrêté tout juste après le BTS, et comme dirait notre professeur d’économie à l’époque « une école de commerce c’est un accélérateur de maturité ». J’encourage toute personne qui aurait un bagage technique, qui a la fibre commerciale ou qui souhaiterait faire autre chose que de la technique à continuer.

Malgré tout, il faut garder en tête que ce n’est pas notre diplôme qui va tracer toute notre carrière, mais notre tout premier travail et nos expériences professionnelles (alternances, stages). Personnellement, ce MSc était en parfaite adéquation avec ce que je recherchais compte tenu de mon background.

3️⃣ Vous êtes resté quasiment 5 ans chez Schneider Electric en France avant de partir aux Philippines. Pouvez-vous nous raconter comment cela s’est déroulé : était-ce une proposition de poste ou un choix personnel ?

J’ai commencé mon parcours par 1 an d’alternance en contrat de professionnalisation lors de ma dernière année de MSc chez Schneider Electric au sein d’une usine. C’était entre 2011 et 2012, donc juste après la crise de 2008 qui a eu des répercussions jusqu’à notre promo et c’était très compliqué de trouver du travail en sortie d’école pour la plupart des étudiants. A la fin de cette alternance, un nouveau directeur des opérations venait d’être nommé : j’avais donc le choix entre poursuivre dans une boîte de prestations (type Altran, Akka, Davidson…) et poursuivre chez Scheiner Electric. En effet, j’avais très bien accroché avec ce nouveau directeur et il m’a proposé un projet très intéressant avec une embauche derrière : c’est donc pour cette proposition que j’ai opté.

Pour information, j’ai démarré dans une entité de services, qui était le secteur en pleine croissance en France à l’époque. En plus de cela, j’ai eu la chance d’être à ce poste lorsqu’ils ont créé un département dédié aux énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque…). Je surveillais tout de même l’étranger, depuis mon séjour que j’avais fait aux États-Unis lors de mon MSc je m’étais redécouvert et je savais que j’étais fait pour partir. Je regardais tout d’abord les offres de mobilité interne mais qui n’étaient pas forcément intéressantes, j’ai finalement choisi de postuler en interne mais je n’ai malheureusement eu aucune réponse. Finalement en 2015, je suis tombé sur une offre aux Philippines et j’ai décidé de tenter ma chance : après deux semaines sans réponses, je décide de contacter directement le country président qui me redirige vers la RH puis le manager qui ne m’a pas sélectionné : donc nouvel échec mais je ne voulais pas baisser les bras. 6 mois après, en avril 2016, je me rends compte que ce poste aux Philippines était de nouveau ouvert et je décide de retenter ma chance. La RH se souvenant de mon profil, j’ai pu passer les entretiens et je suis arrivé aux Philippines. Pour conclure, c’était en effet un choix personnel mais j’ai fait tout ce que je pouvais pour pouvoir y arriver.

4️⃣ Vous êtes maintenant General Manager chez ZI-ARGUS, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste vos missions ? Pourquoi avoir intégré cette nouvelle entreprise ?

ZI-ARGUS est une entreprise qui fait du « process automation ». Pour faire simple, nous avons des clients qui doivent appliquer des recettes ou des processus de fabrication pour obtenir des produits du quotidien (savon, lait, café…). Ils nous donnent le process rédigé avec les indications sur leurs machines et nos ingénieurs doivent la traduire pour que la machine le fasse automatiquement. Mon rôle est donc de superviser ces opérations, les vendeurs, la partie finance : je suis responsable à 100% de l’entité légale de ZI-ARGUS aux Philippines – car l’entreprise est aussi présente en Thaïlande, en Indonésie et en Australie, et fait partie d’un grand groupe multinational.

Pour vous raconter pourquoi j’ai intégré ZI-ARGUS je vais vous parler de mes débuts aux Philippines. Lorsque j’étais chez Schneider Electric, j’avais fait une suspension de mon contrat en France qui est valable 3 ans et qui arrivait donc à son terme fin 2019. En interne j’avais plusieurs options dont éventuellement rentrer en France ou bien garder mon poste actuel mais en perdant quelques avantages. Adorant les Philippines, j’ai décidé de faire un benchmark pour voir ce que je pouvais trouver à l’extérieur car on a tendance à minimiser les opportunités externes. Un mois plus tard, je reçois un appel d’un chasseur de têtes qui me propose un travail aux Philippines mais reste vague. Je passe les entretiens, fais des recherches sur le groupe et finit par être sélectionné, et c’est pourquoi j’ai quitté Schneider Electric à ce moment là pour intégrer ZI-ARGUS. Maintenant, était-ce le bon choix ? Je pense qu’il n’y a que l’avenir qui me le dira, car au bout d’un an je ne peux pas le savoir mais en tout cas c’est une très belle expérience.

5️⃣ Avez-vous rencontré des problèmes en arrivant aux Philippines ? Comment s’est passé votre intégration ?

Quand je suis arrivé aux Philippines, je n’avais pas un job de Top Management mais j’allais me retrouver en tant que manager avec un manager local et notre patron pays que je connaissais de nom qui était français. Cela a créé des tensions en interne car les employés n’aiment pas trop ce genre de système là puisque cela permet de faire des courts-circuits hiérarchiques. Je n’étais pas du tout le bienvenu même avant d’arriver car je n’étais jamais venu aux Philippines et personne je comprenais pourquoi c’était moi qui avais eu le poste mais j’ai eu le soutien de mon patron français qui m’a beaucoup aidé.

Dans une mobilité, il faut prendre en compte 3 choses importantes : le changement d’entreprise, le changement de pays/ville et le changement de poste/niveau hiérarchique. Pour qu’une mobilité soit réussie, il faut faire étape par étape : c’est-à-dire qu’il ne faut pas par exemple changer de pays et changer de niveau hiérarchique. De plus, il faut noter que lorsque l’on s’expatrie, on se retrouve seul les premiers mois : c’est une expérience unique mais les débuts se vivront « seul ». Côté professionnel, déjà connaître mon travail et l’entreprise en arrivant m’a beaucoup aidé à m’intégrer.

Ensuite, lorsque l’on arrive dans un nouveau pays, il faut prendre en compte a minima 3 points : la langue, la religion et la culture. La facilité avec les Philippines c’est que l’anglais est une langue officielle et les Philippins sont catholiques. D’autre part, les Philippines ont été colonisés par les espagnols pendant 300 ans, puis les Américains, les japonais (invasion pendant la 2nd guerres mondiale, puis libérés par les Américains). Ils ont malgré tout une culture latine et occidentale. Quand on arrive ici, l’intégration n’est vraiment pas très difficile car c’est un pays multiculturel. Concernant la sécurité, En juin 2016, un nouveau président a été élu qui s’est avéré être très strict et a pu faire plusieurs changements positifs. En effet, il faut savoir qu’il était avant cela maire d’une ville victime des drogues et des trafics, ainsi qu’une région subissant de fortes pressions islamiques : il a donc apporté beaucoup de changements dans cette ville et c’est ce qui lui a permis d’être élu président. Manille était en effet une ville pas très « safe » avant son arrivée car il y avait beaucoup de problèmes de drogues, de vols et tous les trafics lies a ces activités. Grâce à ces mesures drastiques, certes et parfois controversées, les policiers ont retrouvé leur autorité et il y a beaucoup moins de problèmes qu’avant d’après les personnes qui ont vécu la transition. Je peux même dire que je me sens plus en sécurité à Manille que partout ailleurs en France. Dernière difficulté que j’ai pu rencontrer ici, c’est que presque personne ne prend d’initiatives et de décisions car tu peux perdre ton travail très rapidement. J’ai donc appris à être très patient, et c’est un mot clé lors d’une expatriation : la patience.

6️⃣ A l’avenir, pensez-vous rester aux Philippines ou en Asie ? Envisagez-vous un retour en France ?

J’ai quitté mon job chez Schneider Electric comme je l’ai dit pour pouvoir rester aux Philippines plus longtemps, vu le contexte actuel (Covid-19) c’est un peu compliqué de se projeter. Personnellement, je souhaiterais rester encore aux Philippines car depuis le temps j’ai réussi à me construire un bon réseau, et si ce n’est pas aux Philippines cela sera en Asie, notamment dans ma boite actuelle. Sinon, je pense également à l’Amérique avec le Canada qui cherche beaucoup d’expatriés francophones ou encore l’Amérique Latine si cette partie du continent se stabilise politiquement.

7️⃣ Auriez-vous des conseils à donner aux diplômés et futurs diplômés qui souhaiteraient s’expatrier aux Philippines ?

Côté professionnel, il faut essayer de trouver un travail qui a le moins d’écarts possibles avec votre profil et réduire son champ de recherche. Votre carrière se construira grâce à vos premières expériences professionnelles (stages, alternances) et votre réseau. Ce sont toutes ces premières expériences qui seront les plus dures. En effet, au début, il faut savoir se mettre à sa place avant de pouvoir se développer et montrer une réelle motivation afin de pouvoir évoluer.

Deuxième point, si on souhaite s’expatrier, il faut d’abord voyager à titre personnel : visitez les pays ou vous souhaitez travaille. Il faut noter que l’Asie est un continent : chaque pays a ses propres caractéristiques et ils sont très différents les uns des autres. Donc si l’on souhaite s’expatrier par exemple à Singapour, il vaut mieux y aller et visiter aussi d’autres pays développés comme le Japon ou la Corée du Sud et non pas le Cambodge qui est encore un pays en développement. Il faut rester cohérent avec sa destination de prédilection et essayer de rencontrer des locaux ou des diplômés sur place. On vous le répète sans cesse, mais le réseau est hyper important.

Il faut garder en tête qu’arriver à s’expatrier cela reste compliqué, c’est faisable mais c’est difficile le maitre mot, c’est votre motivation. Il faut cibler un pays, cibler une industrie et vous verrez que l’expatriation est une expérience incroyable.

 


  

Interview réalisée à distance par Clémence, Stivell, Estelle et Adel, étudiants du pro-act KEDGE Alumni Travel d'Asie.

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