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23/05/2018

Adrien, diplômé de KEDGE expatrié au Vietnam depuis 2012

Rencontre avec Adrien Bizouard, ancien diplômé de KEDGE expatrié à Hô Chi Minh au Vietnam depuis 6 ans et responsable de l’antenne Alumni. Country Manager chez Robert Walters, il partage avec nous son expérience d’expatrié.

Bonjour Adrien, pour commencer pouvez-vous nous parler de votre parcours scolaire, quelle formation avez-vous suivi avant, pendant et après KEDGE ?

J’ai fait un IUT Techniques de Commercialisation en Bourgogne, ensuite je suis parti un an en Alberta au Canada en échange universitaire et ensuite j’ai intégré KEDGE, la formation MACI (Master des Affaires et du Commerce), à Mérignac à l’époque, pendant deux ans. Ensuite pour le stage de fin d’étude, je suis venu au Vietnam directement à la fin de ma deuxième année à KEDGE et cela fait maintenant 6 ans.
 

Pouvez-vous nous parler de votre décision de vous expatrier à Hô Chi Minh, au Vietnam ?

J’ai rencontré ma petite amie qui est aujourd’hui ma fiancée à KEDGE, on était dans la même promotion. Elle, elle a beaucoup vécu à l’étranger, dans pas mal de pays, notamment en Syrie et au Cameroun, elle avait la bougeotte aussi. J’avais pas mal voyagé aussi et j’avais toujours eu en tête de vouloir aller à l’étranger et dans des pays plus exotiques que la France on va dire, pour des raisons culturelles, de fun, etc. En parlant français, anglais et italien pour Ornella (Ornella Valat, fiancée d’Adrien Bizouard et ancienne élève de KEDGE, ndlr), l’Amérique latine était exclue assez rapidement. Pour des raisons de budget, de dynamisme économique, de proximité avec la France, l’Asie du Sud Est est venu rapidement. 

Adrien Bizouard, Country Manager chez Robert Walters à Ho Chi Minh, s'est prêté au jeu du 1minute/ 1 kedger pour la team KAS - Kedge Asian Success 🇻🇳 Retrouvez son interview complète très prochainement ! 🔜 w/ @Cyril Colliot, Romane Clerc et Maud Ribaucourt

Publiée par KAS - Kedge Asian Success sur dimanche 20 mai 2018

On a envoyé une dizaine de CV pour faire des stages au Vietnam, parce qu’on avait une copine dans notre promotion qui était vietnamienne de Hanoi. Tout le monde nous a plus ou moins répondu, donc on s’est dit on va y aller, un billet aller ça coûtait 450 euros, on n’a pas pris de billet retour et on s’est dit on verra bien. Depuis, on est toujours là et on n’est pas déçus, c’est hyper dynamique et c’est un bon choix pour le moment.
 

Pouvez-vous nous parler de vos expériences professionnelles depuis votre arrivée à Hô Chi Minh ?

J’ai fait mon stage de fin d’études pendant 6 mois dans une petite agence japonaise qui s’appelle Iconic. J’ai commencé chez Robert Walters il y a cinq ans, en mars 2013 exactement, en tant que consultant dans une équipe en recrutant pour la santé. Et 4 ans plus tard, je suis devenu country manager chez Robert Walters au Vietnam en avril 2017, ça fait quasiment un an jour pour jour. 

Comment votre entreprise s’inscrit-elle dans une démarche RSE ?

Alors c’est une bonne question surtout au Vietnam parce que ce n’est pas propre, le Vietnam est un des plus gros émetteurs de plastique au monde avec la Thaïlande, l’Indonésie, l’Inde.

Alors déjà pour ce qui est du social, au niveau corporate dans le monde on a ce qu’on appelle notre global « Charity Day », c’est-à-dire qu’en octobre pendant 1 mois on va faire des jeux entre nous pour récolter de l’argent. L’année dernière je crois qu’on a fait à peu près 2500$ qu’on a reversé à un orphelinat.

J’aimerais bien commencer à avoir de moins en moins de plastique au bureau, donc on a essayé de voir pour se procurer des verres en bambou, des pailles en bambou et donner ces goodies aux clients. Donc pourquoi pas organiser notre Charity Day autour de cela, faire une journée en partenariat avec une ONG où l’on irait ramasser des détritus dans la rue avec des clients et des candidats, on serait 60-70 à nettoyer une zone de la ville. Voilà, c’est un projet en cours, mais c’est quelque chose à faire parce que la jeune génération vietnamienne n’est absolument pas au courant, personne ne communique là-dessus.

Je pense que Robert Walters étant une agence de recrutement au niveau mondial, on a une responsabilité de faire les choses bien, qui plus est dans un pays émergent comme le Vietnam. Je me sens responsable de donner l’exemple et de communiquer sur ces problématiques, quitte à bosser avec une ONG, regarder un film sur les dégâts du plastique rejeté par le Vietnam et ce qu’il faut faire pour y remédier. Robert Walters étant une société cotée en bourse il y a quand même un budget CSR qui est assez important donc oui, on y travaille.

Quelle différence voyez-vous en termes de culture dans le monde du travail entre la France et le Vietnam ?

C’est une bonne question car je n’ai pas beaucoup bossé en France du coup. D’un point de vue structure et hiérarchie, c’est assez fluide. Disons qu’aller parler à ton N+1, N+2 et N+3 en France c’est un peu la croix et la bannière, il faut poser deux trois rendez-vous, prendre le risque que ce soit annulé pendant trois mois. Ici, il n’y a absolument aucun problème. Nous on le voit très bien, quand on fait du business development et qu’on veut appeler le general manager d’une énorme boîte type Unilever, MSD ou GSK qui est à l’étage du dessus, il n’y a pas de soucis, on peut aller dans leur bureau, ou ils descendent. C’est beaucoup plus ouvert d’un point de vue contact.

D’un point de vue promotion, c’est plus méritocratique. Vu que c’est une économie qui va très vite, le Vietnam c’est 6 à 7% de croissance par an depuis 5 ans, il y a des industries (santé, industriel) qui sont entre 12 et 15%. Quand les affaires vont bien, les promotions vont avec, les salaires « increase » vont avec. On le voit très bien chez Robert Walters, et j’en suis l’exemple type, je n’aurai jamais pu avoir ça dans un autre pays. Tant que tu as la tête sur les épaules, que tu mets les heures et que ça marche, ça va beaucoup plus vite qu’en France. 

C’est beaucoup plus jeune aussi, d’un point de vue purement démographique, il y a beaucoup plus de jeunes qu’en Europe. Cela créé vraiment une stimulation, et une marche en avant vers les nouvelles technologies, vers tout ce qui est digital. Il y a très peu de conservatisme par rapport au changement, tout se fait assez facilement. Je pense qu’en France dès qu’on veut mettre des choses en place ça prend beaucoup d’« approvals ». Il y a des postes comme le Change Management qui ont été créé en Europe, il n’y a pas besoin d’avoir ça au Vietnam car ça change toujours. Ce sont les différences les plus notables je dirais.

 

Quelles sont vos ambitions pour le futur, où vous voyez-vous dans 5 ans ?

Ça c’est une question de recruteur (rires). Honnêtement pour le moment, c’était une décision de couple d’être ici, ça nous a aidé d’être à deux, et ce sera une décision de couple d’éventuellement partir. Nous avons émis l’idée de faire autre chose l’année dernière, mais avec cette promotion et le fait que cela fonctionne bien pour Ornella aussi du coup on ne s’est plus vraiment posé la question.

Dans 5 ans, j’espère qu’il y aura quelqu’un dans la boîte qui dira si vous ne me filez pas votre poste je me casse. Et j’espère que ce sera avant 5 ans. Et le jour où ça arrivera j’irai ailleurs et je ferai autre chose. Le recrutement reste mon premier vrai boulot de carrière, donc ça répond à pas mal de mes attentes. Est-ce que ça le fera dans deux, trois, cinq ans, je n’en sais rien. Mais aujourd’hui, avoir un bureau comme ça à structurer avec les locaux qu’on a, la pression qui va avec aussi, on est 35, on devrait finir l’année à 40 personnes, tout cela est stimulant.

A 31 ans, je ne me planifie pas trop car je sais pas ce qui m’attend. Il y a des locaux qui sont ouvert à côté au même étage où il n’y a personne depuis un an, je me dis que fin 2019 ou 2020 on sera trop nombreux ici et on prendra le local là-bas et ce sera un autre challenge, ou il faudra ouvrir le bureau d’Hanoi. Je n’en sais rien. Pour l’instant, le recrutement ouvre pas mal de porte d’un point de vue management en général, leadership et apprentissage sur soi. Tant que j’apprends, je continue à fond. Dans 5 ans, il y a des chances que je ne sois plus au Vietnam si j’ai trouvé quelqu’un en interne qui puisse me remplacer.

En quoi KEDGE vous a aidé à réaliser vos projets ?

Déjà, le nom et le fait d’avoir ce master m’a clairement aidé à avoir le stage de fin d’étude. Si je n’avais pas eu ça, vu que c’était des japonais et qu’ils sont assez regardant sur le diplôme, ils n’auraient pas regardé mon CV. Sans master, je n’aurai pas pu avoir mon « work permit » ici non plus. 

KEDGE m’a aidé à avoir mon stage d’année 4, dans un cabinet qui s’appelle Vidal Associés à Bordeaux, qui travaillait avec l’école. C’est cela qui m’a mis dans le recrutement donc tout était une suite logique. 

Cela m’a aidé car on a rencontré cette élève vietnamienne qui était dans notre promotion et qui nous a dit d’aller au Vietnam.

D’un point de vue cours, la formation commerce internationale, géopolitique, cela touchait beaucoup l’Asie et nous a intéressé. C’est une formation professionnalisante et généraliste et cela ouvre les champs du possible.


 

Avant de partir à l’étranger quelles étaient vos appréhensions ? 

Revenir après 5 mois à l’étranger et chercher du boulot en France en me disant que l’on est 100000 comme moi et qu’il n’y a pas assez de travail. C’était un peu ça, puis aller à Paris avoir un SMIC, vivre dans un appartement de 25 mètres carrés, le payer 800 euros et ne pas avoir d’argent.

Après je n’ai jamais vraiment douté du potentiel du Vietnam, parce que tous les indicateurs étaient positifs. Il y avait une communauté française plutôt forte donc niveau réseau il y a toujours un peu moyen de s’entraider et c’est une ville où si tu gagnes entre 1000 et 1500 euros par mois tu vis très bien. Je savais qu’on allait réussir à se débrouiller, donc je n’avais pas de véritable appréhension. Si ce n’est de ne rien trouver professionnellement et être obligé de rentrer. Mais on en n’est jamais arrivé à penser cela, même pendant les 5 premiers mois, tout a toujours était fluide et rapide.
 

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui envisagerai de tenter l’aventure vietnamienne ?

Je dirais déjà soyez plutôt clair sur ce que vous voulez faire, n’ayez pas peur de vous spécialiser parce que je crois qu’il y a toujours un discours « si je me spécialise, je vais me mettre dans un silo, je vais être bloqué, je vais être catalogué, etc. » mais à un moment donné plus le temps avance et plus on est catalogué. Donc soit tu fais le choix de prendre une carrière et tu vas te faire cataloguer quoi qu’il arrive ou soit tu te dis j’essaye plein de trucs et au final tu n’apprends rien tu ne te spécialises pas, alors oui tu n’es pas catalogué mais au final tu n’apprends pas grand-chose. Donc je conseillerais de ne pas avoir peur de faire des formations spécialisées, il y aura peut-être un risque que ça ne plaise pas, mais au final c’est ce que les employeurs recherchent. Ils cherchent de moins en moins de formations commerciales généralistes.

Pardon pour ceux qui font de la com’, du marketing ou du business development. Je pense que le marketing est un outil qui est très utile, mais si on veut faire du marketing il faut vraiment se spécialiser à fond dans un secteur d’activité, dans une industrie pour avoir vraiment une valeur ajoutée. Aujourd’hui, il y a tellement un commerce de ces écoles, je ne sais pas combien il y a de diplômés par an en école de commerce dans le top 10, je pense que ça se compte en dizaine de millier de personnes, donc il faut toujours essayer de trouver un truc qui va vous rendre différent. 

Par exemple le fait de venir au Vietnam peut vous aider, ça peut mettre une croix en plus sur votre CV. Avant de venir au Vietnam, soyez au clair avec votre spécialisation et venez ! Prenez un sac à dos, vous vous donnez un budget de 300 euros de logement, de 300 euros d’amusements et de nourriture et pour 600 euros par mois vous allez avoir des vacances top. Pendant 1 mois vous aurez un visa, vous cherchez du travail, si vous trouvez tant mieux sinon tant pis vous aurez déliré, voyagé et au moins vous aurez essayé. Si on compare, combien ça coûte de chercher un job en France ? Au final, tu te rends compte qu’il y a de plus grandes chances que tu trouves ici, que tu te marres et que cela marche, donc venez !

Qu’est-ce que vous avez trouvé au Vietnam et que vous n’auriez jamais trouvé en France ?

Un développement de carrière hyper rapide. Aussi, une ouverture sur une autre culture, un épanouissement total parce que je viens à moto au travail, on va boire des bières comme hier soir (l’interview s’est déroulé le lendemain de l’afterwork Kedge alumni, ndlr), etc. C’est facile, ça va vite et tu peux quand même avoir un cadre professionnel hyper structuré. Tu peux profiter de week-end hyper light et être la semaine hyper au carré. Hier par exemple, on fait un networking Kedge et pendant 3 heures on n’a absolument pas parlé de nos boulots, en tout on a dû échanger une business-card et c’est celle que je vous ai donnée pour avoir un rendez-vous ici (l’interview a été enregistrée sur le lieu de travail d’Adrien, ndlr). Tu te fais des relations assez vraies en fait, mais bon encore une fois c’est parce qu’ici niveau économique tu as énormément de jobs donc personne n’en parle car tout le monde se débrouille pour en trouver, tu n’as pas ce côté très compétitif. 

Donc pour résumer c’est tout cela : épanouissement culturel, découverte d’un autre pays, une belle carrière puis pas mal de potes. 


 

Interview réalisée à Hô Chi Minh par l’équipe Kedge Asian Success, composée de Romane Clerc, Cyril Colliot et Maud Ribaucourt.

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