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23/04/2018

Entretien avec Philippe, diplômé de KEDGE installé en Russie depuis 20 ans.

Les étudiants du pro-act KEDGER Trotter poursuivent leur tour du monde durant lequel ils rencontrent de nombreux alumni expatriés. Aujourd'hui ils ont interviewé Philippe, diplômé de KEDGE installé à Moscou.

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je suis Philippe Pégorier, j’ai 57 ans, bordelais d’origine et j’ai été diplômé de Kedge Bordeaux en 1983 ! J’occupe actuellement le poste de président d’Alstom pour la Russie. 


Après ton diplôme à KEDGE, qu’as-tu fais (stages, premiers emplois…), et parallèlement, qu’est-ce qui t’as poussé à partir travailler à l’étranger ?

J’ai travaillé pendant 20 ans dans le cadre du ministère de l’économie et des finances sur plusieurs postes à l’étranger (Moscou, Kiev, Téhéran et Bercy). J’ai donc occupé deux postes différents, le premier à l’administration du ministère, à la direction générale de la trésorerie, et la deuxième fois en cabinet pendant 3 ans, où j’étais le conseiller de Christine Lagarde !

Et maintenant je suis chez Alstom, j’y suis arrivé il y a maintenant 7 ans.

Je suis parti en Russie car je parlais le Russe, ce qui était forcément un atout. Cela m’a permis de faire Bordeaux jusqu’à Moscou sans passer par Paris.
Alors oui depuis toujours la Russie m’attirait également, et grâce à la langue je me suis intéressé plus en détails à la culture, à la littérature etc…


Peux-tu nous parler de ton métier ? Est-il en relation avec la formation que tu avais reçue à Kedge ? Et quelles sont les qualités essentielles pour faire ce métier.

Comme je l’ai dit précédemment je suis Président d’Alstom Russie, et il y a plusieurs grandes parties à mon travail :

  • La première partie représente les relations gouvernementales à gérer avec les autorités russes, le ministère des transports et le ministère de l’industrie.
  • Il faut également gérer les relations avec les chemins de fer russes qui représentent 1 million de personnes, c’est la plus grande entreprise de Russie en termes d’employés
  • Et enfin, gérer également le lien avec notre partenaire. Car Alstom produit avec un partenaire qui fait 30 000-40 000 personnes, et dispose de 13 usines. Nous avons donc conçu ensemble des nouveaux modèles de locomotives, localisés, adaptés aux normes russes, et nous produisons donc chez lui, dans ses usines, ces locomotives.
    Alstom a par ailleurs acheté 33% du capital de ce partenaire russe, qui est le plus gros producteur de matériel roulant Russe.

Pour moi, le diplôme reçu en école de commerce donne accès à la première marche. Kedge m’a bien sûr donné des prédispositions en capacité de travail, mais j’ai par la suite beaucoup évolué avec mes différentes expériences professionnelles, et je pense que c’est le cas de tout le monde.
Après l’obtention du diplôme, il faut savoir le valoriser, avec les différents métiers occupés, les différentes expériences professionnelles.

Il y a beaucoup de qualités à avoir dans une société comme Alstom à l’étranger. Il faut savoir être diplomate, accepter mais aussi comprendre les différences des autres, de leurs cultures pour savoir comment s’adresser à eux. Il faut également être très adaptable, avoir les nerfs bien accrochés et également avoir une certaine capacité de travail.
Je pense également que dans une grande entreprise comme Alstom ou bien dans l’administration, on ne peut pas se retrouver complétement expatrié, il faut garder une attache avec son pays. A St Ouen, la maison mère pour Alstom, par exemple, mais dans l’environnement français ou européen en règle générale, c’est une chose très importante.

 

Comment décrirais-tu la culture de ton pays, et la culture d’entreprise comparé à celle de la France ?

Oui bien sur elle est différente ! En France nous avons des structures en matrice, alors que les russes ont des structures pyramidales, c’est-à-dire que c’est le directeur général ou le président qui prend toutes les décisions.
C’est lui qui assume toutes les décisions et qui signe les ordres, ainsi il vaut mieux s’entourer de beaucoup d’avis et que les gens soient prêts à recevoir ces ordres. Dans le cas contraire c’est très facile de planter un ordre si personne ne le réalise, si personne ne s’occupe de son implication.
Mais oui c’est sûr que la principale différence vient de la structure des entreprises.


Sur le plan personnel et professionnel, est-ce que tu penses que la Russie a pu t’apporter certaines choses de plus qu’en France ?

Un bon salaire, ce qui est déjà une bonne chose !
Ensuite je dirais également la connaissance plus profonde d’un pays qui est une énigme en occident. La Russie est un pays qu’on connait très mal, il y a beaucoup de clichés qui viennent des journaux et qui ne sont pas forcément exacts ni complets. Cela m’a donc permis de voir de moi-même comment est la vie ici, et comprendre que ces clichés sont souvent faux.

Je suis une personne à qui il faut généralement tout, tout de suite, et la Russie m’a appris la patience, ce qui est une bonne chose.

Enfin, en Russie tu apprends ce qu’est un grand pays, et c’est complétement différent d’en France ! Pour les russes, pouvoir traverser un pays, la France, en quelques heures de train est complétement impensable.



Interview réalisée par l'équipe du pro-act étudiant KEDGER TROTTER

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